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23/07/10 - Le ParisienLa dépendance et l’aide aux personnes âgées : un chantier prioritaire par daviddouillet_staff
La dépendance est définie comme le besoin, pour les personnes de plus de 60 ans, de se faire aider pour accomplir certains actes quotidiens essentiels. Ce peut être lié à l’état de santé de la personne mais aussi à son environnement matériel : le fait de disposer ou non d’un ascenseur pour une personne à mobilité réduite par exemple.
Aujourd’hui, 800 000 personnes sont considérées comme dépendantes, à des degrés variables.
Selon des estimations de l’INSEE, 1 200 000 personnes seront dépendantes en 2040. La prise en charge actuelle de ces personnes combine solidarité familiale (aide des proches) et solidarité collective via des prestations telles que l’allocation personnalisée d’autonomie ou APA. Toutefois, ces deux types de solidarité connaîtront des évolutions. D’une part, la solidarité familiale tendrait à diminuer avec une diminution du nombre moyen d’aidants potentiels par personne âgée dépendante. D’autre part, l’allongement de l’espérance de vie et l’arrivée de la génération du baby-boom à un âge élevé va profondément modifier la structure des dépenses au titre de l’allocation personnalisée d’autonomie. Selon les projections de l’INSEE, la population des 75 ans et plus sera multipliée par 2,5 entre 2000 et 2040 pour atteindre plus de 10 millions de personnes. Cet accélération du vieillissement de la population pose la question de l’évolution des politiques publiques : les dépenses de santé mais aussi les retraites, la prise en charge des personnes dépendantes. Se pose aussi la question de l’équilibre à trouver entre la solidarité familiale qui tend à diminuer et la solidarité collective. Une grille d’observation ( AGGIR : autonomie gérontologique groupe iso-ressources) permet de déterminer le degré de dépendance d’une personne via l’observation des gestes quotidiens qu’effectue seule une personne âgée.
Il en ressort que la dépendance n’affecte pas de façon uniforme les personnes âgées et qu’un certain nombre de variables viennent modérer ou intensifier la dépendance. A titre d’exemple, les personnes ayant fait des études ont une espérance de vie plus longue, donc une probabilité accrue de connaître une situation de dépendance. Toutefois, à un âge donné, ces personnes connaissent des niveaux de dépendance plus faibles. De même, les femmes sont moins dépendantes que les hommes et les personnes seules sont plus dépendantes que les personnes âgées en couple. Ainsi, l’allongement de l’espérance de vie sans incapacité, la fréquence accrue de rupture dans les couples et la baisse de la fécondité (réduction du nombre d’enfants aidants) tendent à favoriser l’apparition de situations de dépendance.
La réponse des pouvoirs publics face à cette situation a consisté à mettre en place; depuis le 1er janvier 2002, une allocation personnalisée d’autonomie (APA) qui prend en charge une partie des dépenses engendrées par la perte d’autonomie. C’est actuellement la principale modalité de prise en charge de la dépendance. Son montant est fonction du degré de dépendance tel que calculé par la grille AGGIR et selon le lieu de résidence de la personne (institution spécialisée ou domicile). Le bénéficiaire de l’APA doit s’acquitter du ticket modérateur, selon ses revenus. Le montant total de l’APA (montant versé par le département et montant acquitté par le bénéficiaire) devrait augmenter de 50% hors inflation d’ici 2040.
Le défi est donc de taille : l’enveloppe totale de l’APA devrait atteindre 5,66 milliards d’euros cette année (800 millions d’euros de plus en deux ans), et la tendance est à l’augmentation. En période de maîtrise des dépenses publiques, l’enjeu est crucial.
Versée par les conseils généraux, l’APA est en partie prise en charge par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Cette caisse est financée par la journée de solidarité et par l’Assurance-maladie. Versée directement aux personnes dépendantes en vue de contribuer à leur maintien à domicile, cette allocation s’élève à 670 euros par mois et concerne 670 000 bénéficiaires. Lorsque les personnes dépendantes vivent en institution, cette allocation est de 200 euros par mois et est versée aux maisons de retraite qui déduisent la somme de leur facture ce qui concerne 450 000 bénéficiaires en France. En moyenne, les personnes âgées et leurs familles supportent un coût de 1 500 euros. Cette charge financière pèse d’autant plus sur les femmes (faible pension de reversion) et les classes moyennes.
Plusieurs pistes sont à l’étude par le Gouvernement dans le cadre d’un grand chantier de la dépendance voulu par le Président de la République. L’idée d’une souscription obligatoire dès 40 ou 50 ans auprès d’un assureur privé permettrait de compléter l’APA, par exemple.
La fédération hospitalière de France vient de lancer un site internet destiné à aider les personnes âgées et leurs familles. Maisons-de-retraite.fr rassemble les informations relatives à la prise en charge des personnes dépendantes, fournit un annuaire des établissements d’accueil, un guide des aides financières et des pages de conseils.
Une mission parlementaire sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes a remis son rapport le 23 juin dernier, faisant état d’une compensation inéquitable de la perte d’autonomie, d’un maintien à domicile menacé et d’une offre en institution disparate et inadéquate.
Tout comme la réforme des retraites, le chantier de la dépendance est une priorité du Gouvernement et du Chef de l’Etat. C’est aussi une réforme indispensable car liée à l’évolution de la démographie et de notre société.
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