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Discours prononcé à Nice le 25 janvier 2012
C’est un plaisir de vous retrouver, de retrouver Christian Estrosi. C’est déjà la deuxième fois que je viens à Nice depuis ma nomination au Ministère des sports. Je dois dire que Christian est l’un des élus les plus visionnaires en matière de sport aujourd’hui.
Il a compris l’importance du sport pour sa ville. Il a compris que le sport est un puissant outil de rayonnement, d’aménagement du territoire, de développement économique et de l’emploi.
C’est un grand plaisir de me retrouver auprès d’Alain Juppé. C’est une fierté, je l’avoue très humblement, d’avoir pu faire mes premiers pas au Gouvernement sous son autorité, au Secrétariat d’Etat des Français de l’étranger.
Alain est un modèle pour moi. Un modèle d’engagement au service de notre pays, au service des Français.
La France et son Gouvernement ont une chance unique d’avoir un homme d’Etat comme lui. Face aux vents mauvais de la crise, la France sait qu’elle pourra sortir de l’ornière grâce à l’intelligence et à la personnalité d’hommes rares, tels qu’Alain.
Notre famille politique sait ce qu’elle lui doit. Elle lui doit sans doute notre bien le plus précieux, l’unité. Dans les années, dans les mois à venir, nul doute qu’Alain Juppé continuera de rendre de grands services à la France. C’est mon souhait le plus cher, comme citoyen et comme militant.
C’est un plaisir de retrouver les militants de la fédération des Alpes-Maritimes, cette grande fédération, de retrouver votre énergie, votre enthousiasme, votre bonne humeur.
Dans quelques mois, la France aura rendez-vous avec son destin. Au-delà des programmes et des promesses, les Français auront à faire un choix de société.
Car c’est bien à une seule question qu’il nous faudra répondre collectivement : voulons-nous d’une société du nivellement, de l’égalitarisme, de l’assistanat ou d’une société qui permette à chacun de construire son avenir, de façon autonome, libre ?
Les Français seront appelés à y répondre le 22 avril prochain.
Dans son discours au Bourget, Monsieur François Hollande nous demande, s’il est élu, de ne le juger que sur un seul engagement : est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ?
Mais comment pourra-t-elle mieux vivre cette jeunesse, si on ne lui dépeint qu’un monde de peur, si on lui dit que le marché du travail ne veut pas d’elle, si on la maintient dans la dépendance quand elle n’aspire qu’à l’autonomie ?
Les socialistes n’offrent comme seul horizon à la jeunesse que la légalisation de la drogue et des études inappropriées au marché du travail.
Bien sûr, notre jeunesse est inquiète. Dans une société confrontée à la crise, comment ne pas la comprendre ?
Mais, à cette inquiétude, les socialistes donnent la mauvaise réponse – la même depuis 1981 : « ne vous inquiétez pas, nous allons nous occuper de tout, créer 300 000 emplois aidés, 60 000 postes d’enseignants, une allocation généralisée pour tous les jeunes. » Ce n’est pas de la politique, c’est de la mise sous perfusion.
Sincèrement, je ne crois pas que notre rôle soit d’aider nos enfants à rester des enfants.
Je ne crois pas que ce soit de leur promettre la facilité, la drogue, le bac pour tout le monde.
Notre rôle n’est pas de leur dire de surtout ne pas viser trop haut et de se contenter des minimas sociaux.
Notre rôle n’est pas de leur dire que le seul débouché possible est la fonction publique.
Nous devons au contraire les pousser à accomplir leurs rêves. 20 ans, c’est l’âge où tout semble possible, où l’on a soif d’absolu, où l’on veut changer le monde.
Elle voulait changer le monde la jeunesse de 1789 avec son idéal de liberté, d’égalité et de fraternité.
Elle voulait changer le monde la jeunesse résistante qui, trop souvent, a payé son engagement au prix de sa vie.
Elle voulait changer le monde la jeunesse tchèque, polonaise, allemande, qui est venue à bout du mur de la honte qui coupait l’Europe en deux, et que, jeune athlète, fier de porter le maillot de l’Equipe de France, j’ai rencontrée lors de compétitions internationales.
C’est encore la jeunesse qui a soufflé un vent de liberté sur les pays arabes.
Une société qui avance, c’est une société qui donne les moyens à sa jeunesse de construire un avenir à la hauteur de ses rêves et de ses espérances.
Il y a ceux qui ont peur de l’avenir et refusent le changement et ceux qui le préparent en prenant des décisions courageuses. Que personne ne s’y trompe ! Le camp du statut quo est à gauche, celui de la réforme est à droite !
Monsieur François Hollande veut le « changement maintenant ». Mais le changement, c’est nous qui l’incarnons depuis 2007.
Car aider notre jeunesse, c’est lui proposer une université moderne, capable de s’imposer dans la compétition mondiale, comme nous l’avons fait avec l’autonomie des universités.
C’est investir dans l’avenir en permettant à nos entreprises de développer la recherche et l’innovation grâce au crédit d’impôt recherche qui accompagne plus de 16 000 entreprises par an dans notre pays.
C’est investir dans la formation, en portant de 600 000 à 1 million le nombre de jeunes formés par alternance.
C’est dire à notre jeunesse qu’elle peut avoir confiance en son pays, qui est l’une des plus grandes puissances économiques mondiales, à la pointe de l’innovation grâce au Grenelle de l’Environnement.
C’est dire à notre jeunesse qu’être citoyen, c’est être acteur et non spectateur du monde dans lequel on vit. C’est pour cela que nous avons lancé le service civique.
C’est lui dire que la République est le seul modèle qui vaille, le seul tuteur qui apprenne à vivre debout.
Les valeurs de la République, ce n’est pas l’égalitarisme, mais l’égalité. Les valeurs de la République, c’est la liberté qui passe par la responsabilité de chacun. Les valeurs de la République, c’est la fraternité qui s’incarne dans un projet collectif où chacun peut trouver sa place.
La vie m’a convaincu que tous les enfants de France peuvent réussir sous la bannière de la République.
C’est la République qui m’a permis d’accomplir mon rêve olympique, parce qu’elle m’a transmis des valeurs essentielles : le travail, l’effort, l’humilité, la remise en question.
Je suis né dans un petit village de 600 habitants. Je dois tout ce que je suis à trois éléments de ma vie :
- Ma grand-mère, qui m’a élevé avec des valeurs qui me guident encore aujourd’hui.
- Mon sport, qui m’a structuré et permis de comprendre qu’il faut travailler pour réussir.
- La République, qui m’a permis de bénéficier de cette superbe promesse faite au peuple qu’est la méritocratie.
Pour cela, nous devons réaffirmer que la République est une école qui récompense le travail et donne à chacun le moyen d’aller aussi haut que ses talents le lui permettent, quelle que soit son origine sociale.
C’est une école qui n’accepte ni les discriminations ni le communautarisme et la politique des quotas, mais ne reconnaît que le mérite.
C’est une école qui sort de la seule logique des moyens et se pose enfin la question de la meilleure manière d’accompagner l’enfant vers son autonomie. Une école qui replace le savoir et l’effort au centre de l’éducation.
Mes chers amis,
Le débat qui s’engage aujourd’hui sera celui de savoir quel modèle de société nous voulons pour la France. Je crois pour ma part à une société de la réforme, même difficile, car l’immobilisme, c’est l’échec assuré.
Le temps n’est plus au doute. Depuis 5 ans, le Président travaille, réforme, prend des décisions courageuses sans se soucier de sa popularité ou de son intérêt. Chacun peut le constater.
Dans la période que nous connaissons, nous avons besoin d’un véritable homme d’Etat, qui sache trancher, prendre les mesures qui s’imposent et peser à l’échelle internationale.
Dans chacune de vos mains, vous avez la clef de la réussite de la France. Chacun d’entre vous doit être le porte parole de ce que le général de Gaulle a appelé « la lueur d’espérance ».